Page:Corneille Théâtre Hémon tome1.djvu/29

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ÉTUDE D'ENSEiMBLE xv

«tail fort curieux de toutes les nouvelles, et fort empressé à en tirer parti. En ce temps où la poésie française, malgré Malherbe, n'avait pas encore définitivement établi sa suprématie, la poésie latine se donnait une apparence de vie en recherchant l'intérêt actuel. Or, le lendemain même des noces de Corneille, le bruit se répandit soudain qu'il était mort d'une pneumonie fou- droyante. Quelle nouvelle! et pour un poète latin, quelle admi- rable matière! Ménage n'eut garde de laisser échapper l'occasion : il écrivit l'épitaphe de Corneille, qui ne s'en porta pas plus mal :

Hic jaeet ille sui lumen Cornélius aevi,

Quem vatem agnoscit gallica scena suum. An major fuerit socco, majorve cothurne,

Ambiguum : eerte magnus utroque fuit.

Cette inscription funéraire prémaiturée {Petn Cornelii tiirmihis) témoigne plus en faveur des bonnes intentions de Ménage qu'en faveur de son bon goût : qui hésiterait aujourd'hui entre les comédies de Corneille et les tragédies qui s'appellent le Cid, Horace, Cinna'! Hélas! le Tumulus, VEpicedium, tout resta pour <;ompte à Ménage : on annonça la résurrection de Corneille. Nouveau sujet de vers latins; dans une palinodie, intitulée -Cornélius redivivus, Ménage s'écrie :

Doctus ab infernis remeat Cornélius umbris, Et poluit rigidas flectere voce deas...

De ce mariage. Corneille eut bientôt une fille. Marie, qui épousa successivement M. de Guenebault et M. de Farcy, et fut l'aïeule de Charlotte Corday. Une autre fille, Marguerite, née beaucoup plus tard, entrera aux Dominicaines de Rouen. Quant aux quatre lîls de Corneille, dont l'un, Thomas, entra aussi dans les ordres et fut abbé d'Ayguevive en Touraine, dont un autre, Charles, mourut jeune, nous en retrouverons deux au cours de cette étude biographique. Le mariage de Pierre Corneille avec Marie de Lampérière fut donc fécond, et il ne parait pas moins certain qu'il fut heureux. S'il en avait été autrement, on ne concevrait guère que, longtemps après, le jeune frère de Pierre eût été tenté de suivre l'exemple donné par son grand aîné. On anticipe ici sur les dates, car le mariage de Thomas est posté-

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