Page:Corneille Théâtre Hémon tome1.djvu/297

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INTRODUCTION 123

« Quoi ! disait M. Corneille, ne tient-il qu'à un jeune homme de venir tourner en ridicule les plus beaux vers des pens'? «  « L'oilense n'était pas grave, observe Louis Racine, mais ii n'était pas de bonne humeur^. » C'est que l'inlentiot moqueuse était manifeste, d'autant plus que ce trait n'étail pas le seul ; dans la même comédie, Chicaneau dit à sa lîllt Isabelle :

��Ah! tu seras un jour l'iiouneur de ta faniille;

Tu défendras ton bien. Viens, mon sang, viens, mafille^.

C'est à Racine encore, mais à Racine aidé de Furetière et du grave Boileau, que l'on a souvent attribué le Chapelain décoiffé, parodie de quel(|ues-unes des plus belles scènes du Ciel. Dans le catalogue des œuvres de Boileau, dressé par lui, et publié dans l'édition de 1713, on lit :

« J'avoue pourtant que dans la parodie des vers du Cid, faite sur la perruque de Chapelain, qu'on m'attribue encore, il y a quelques traits (|ui nous échappèrent, à M. Racine et à moi, dans un repas que nous fîmes chez Furetière, auteur du dictionnaire, mais dont nous n écrivîmes jamais rien ni l'un ni l'autre : de sorte que c'est Furetière qui est proprement le vrai et l'unique auteur de cette parodie, comme il ne s'en cachait pas lui-même. »

Le Menagiana se trompe donc lorsqu'il attribue cette parodie à Boileau seul, désireux de divertir le président de Lamoi- gnon. que Boileau connut plus tard, et le Carpmteriana se trompe de même lorsqu'il l'attribue à Linière, qui probable- ment y a pris sa part. Interrogé sur ce point par Brossette, Boileau avait dissipé toute incertitude :

« A l'égard du Chapelain décoiffé c'est une pièce où je vous confesse que M. Racine et moi avons eu quelque part ; mais nous n'y avons jamais travaillé qu'à table, le verre à la main. Il n'a pas été proprement fait currente calamo, mais currente lagena, et nous n'en avons jamais écrit un seul mot. Il n'était point comme celui que vous m'avez envoyé, qui a été vraisemblablement composé après coup, par des gens qm avaient retenu quelques-unes de nos pensées, mais qui y ont mêlé des bassesses insupportables. Je n'y ai reconnu de mo que ce trait :

t. Menagiana.

2. Mémoires sur la vie de Jean Hi

i. Plaidetirs, II, 3.

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