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122 LE CID

ie Chimène et l'amante désespérée de Rodrigue semblent &its pour se comprendre. Quant au prince de Tolède, avec une promptitude toute méridionale, il aime l'infante à pre- mière vue ; l'infante ne laisse pas d'être embarrassée :

Que ferons-nous, mon cœur? Ce prince est bien aimabU Rodrigue l'est aussi, mais il est moins traitable.

Est-il besoin d'ajouter que le roi marie l'infante au prince de Tolède, et Chériffe à don Sanche, qu'enfm, triomphant de sa propre passion, il rend Chimène à Rodrigue, qui ne la méritait guère. ...

C'est en 1637 et 1638 que se jouaient et s impriniaient ces tragi-comédies, destinées, croirait-on, à mieux faire sentir de quelle hauteur Corneille s'élevait au-dessus de ses contem- porains. Ces « suites » qui, dans la pensée de leurs auteurs, devaient amoindrir le succès du Cid en le partageant, le grandissaient. De même, les parodies ne purent qu'attester sa popularité persistante. Au moment où Chevreau et Desfon- taines le corrigeaient, Boisroberl le parodiait devant Richelieu: « Poar divertir le cardinal et contenter en même temps l'envie qu'il avait contre le Cid, Boisrobert le fit jouer devant lui au ridicule par les laquais et les marmitons; entre autres choses, en cet endroit où don Diègue dit à son fils : (; Rodrigue, as-tu du cœur? » Rodrigue répondait : « Je n'ai que du carreau'. » Bouffonnerie grotesque, qui ne pouvait atteindre Corneille. Longtemps après, il fut plus sensible aux spiri- tuelles parodies de Racine dans les Plaideurs : « J ai vu feu M. Corneille fort en colère contre M. Racine pour une baga- telle; tant les poètes sont jaloux de leurs ouvrages. M. Cor- neille avait dit de don Diègue :

Ses rides sur son front ont gravé ses exploits».

M. Racine, par manière de parodie, s'en joua dans les Plaideurs, où il dit d'un sergent (acte 1", scène 1") :

Ses r.dea sur son front gravaient tous ses exploiU.

��1. Tallemant des Réaux, Bittoriettet, t. II, d. 3»5, S. Cid, 1, 1.

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