Page:Corneille Théâtre Hémon tome1.djvu/333

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EXAMEN 159

sonnes ont pris garde à l'un ni à l'autre, et que la plupart des spectateurs, laissant emporter leurs esprits à ce qu'ils ont vu et entendu de pathétique en ce poème, ne se sont poin', avisés de réflé&hir sur ces deux considérations.

J'achève par une remarque sur ce que dit Horace, que ce qu'on expose à la vue touche bien plus que ce qu'on n'apprend que par un récit*.

C'est sur quoi je me suis fondé pour faire voir le souftlet que reçoit don Dièf:;ue, et cacher aux yeux la mort du comte, afin d'acquérir et conserver à mon premier acteur l'amilié des auditeurs, si nécessaire pour réussir au théâtre. L'indi- gnité d'un affront fait à un vieillard, chargé d'années et de victoires, les jette aisément dans le parti de rolTensé ; et cette mortqu'on vient dire au Roi tout simplement, sans aucune narration touchante, n'excite point en eux la commisération qu'y eût fait naître le spectacle de son sang, et ne leur donne aucune arersion pour ce malheureux amant, qu'ils ont tu forcé, par ce qu'il devait à son honneur, d'en venir à celte extrémité, malgré l'intérêt et la tendresse de son amour.

��1. Allusion aux vers 180 et 181 de l'An puéliijut ! Segnius irritant animas demissaper aar«m

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