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294 LE GID

D. RODRIGUE.

Ne VOUS offensez point, Sire, si devant vous 1775

Un respect amoureux me jette à ses genoux.

Je ne viens point ici demander ma conquête : Je viens tout de nouveau vous apporter ma tête, Madame ; mon amour n'emploiera point pour moi Ni la loi du combat, ni le vouloir du Roi. 1780

Si tout ce qui s'est fait est trop peu pour un père, Dites par quels moyens il vous faut satisfaire. Faut-il combattre encor mille et mille rivaux, Aux deux bouts de la terre étendre mes travaux, Forcer moi seul un camp, mettre en fuite une armée, 1785 Des héros fabuleux passer la renommée? Si mon crime par là se peut enfin laver, J'ose tout entreprendre et puis tout achever; Mais si ce fier honneur, toujours inexorable, Ne se peut apaiser sans la mort du coupable, 1790

N'armez plus contre moi le pouvoir des humains, Ma tête est à vos pieds, vengez-vous par vos mains.

n'est point surpris de cette générosité nourelle, mais inutile, après U loiBe oé Chimène s'est trahie.

1778. TotU de nouveau, derechef, encore une fois :

Encor tout de nouveau je Tons le sacrifie. {Sertorius, 128S.|

Racine emploie la même locution, mais en prose seulement.

1780. Ni le vouloir du roi; voyez le vers 1680, dont celui-ci est à peu près U répétition. Ce qui est curieux, c'est que RodrisTie n'assistait pas à la conversation de Chimène et d'Elvire; il n'a donc pu connaître les termes dont Chimène s'est servie, et pourtant il y semble répondre. Au reste, nous sommes un peu de l'avis de Voltaire: « Rodrigue a offert sa tète si souvent, que cette nouvelle offre ne peut plus produire le même effet. » De même, dans Horace, la plaintive Sabine ne se lassera pas de s'offrir à tous en victime. Mais la situation de Rodrigue est délicate, il se sait aimé, sans savoir si l'amour sera le plus fort. U éprouve les sentiments de Chimène une dernière fois, mais, cette fois, il déclame un peu. — N'emploiera point ni. ..ni. Aujourd'hui, nous supprimerions la négation avec ni répété; mais Bossuet, Molière et les meilleurs auteurs écrivaient ainsi'

Ce n'est point ni mon choix ni l'éclat de ma race

Qui me font, grande reine, espérer cette grâce. (De- .tvf.i' .»9.)

Uais ran ni l'antre enfin n'était point nécessaire. (Racine, Bajaxet, Ml;^ Je n'ai point exigé m° serments ni promesses. (Boilean, Lutrin, II.) 1782. VoiM satisfaire, vous donner satisfaction ; vous est ici un datif, comme au vers 898.

1784. Mes travaux, mes exploits guerriers. Ce mot avait alors le sens le plus large, et se disait, tantôt des peines amoureuses, tantôt de fatigues de tout fenre, particulièrement de celles de la guerre.

De trop récents travnv-x laissent en sa mémoire

Votre dernier trophée et ma dernière gloire. (Rotron, Don Lope, Vf, i.)

... Anx nobles «ratiauide ce courage illastre

Lm armes d'Aragon doivent leor nonvean iagtre.(Id. Don Bernard, II, 1).

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