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XLVIM DIOGRAPHIE DE CORNEILLE

alors écrira, changeant l'action de grâces en épigramme :

Grand roi, dont nous voyons la générosité Montrer pour le Parnasse un excès de bonté,

Que n'ont jamais eu tous les autres, Puissiez-vous dans rent ans donner enror des lois, Et puissent tous vos ans être de quinze mois

Comme vos commis font les nôtres* !

I! avait pourtant alors, comme le lui reprochait d'Aubignac, « le couvert et la table » à l'hôtel de Guise. Mais il est à croire qu'il n'eu usait pas souvent, bien que Tallemant dise, grossissant outre mesure un fait très simple alors : « Corneille a trouvé moyen d'avoir une chambre à l'hôtel de Guise. » Une telle hospi- talité lui paraissait si précaire que, vers 1662, il se décida enfin à chercher à Paris un établissement définitif. Depuis sa rentrée au théâtre, le séjour de Rouen lui était devenu plus incommode, et son intérêt était celui de son frère. Tous deux quittèrent donc la province, et pour toujours. Peut-être était-ce un faux calcul; peut-être, à partir de ce moment. Corneille vit-il décroître et son indépendance, et sa dignité : trop près de la cour, sans réussir jamais à être poète de cour, il s'habitua au rôle de solliciteur, et, par un contre-coup naturel, les héros de ses dernières tragédies semblèrent perdre un peu de la fierté qu'il perdait lui-même.

��VI

LA DÉCADENCE (1666-1674.)

A partir à'Agésilas (1666), s'ouvre la véritable décadence. Œdipe, la Toison d'or, Sertorius, Sophonisbe, Othon, sont, à tout prendre, des succès, justifiés eu général par la beauté, sinon de l'ensemble, du moins de certaiues scènes. Avec Agésilas, au contraire, plus d'illusion pos-sible : c'est le déclin du génie, et aussi de la reuommi'^e; la chute ne fut pas moins profonde que celle de Pertharite, mais fut plus obscure; il ne resta même

I. Au roi, pour le retardement du payement de sajpension.

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