Page:Corneille Théâtre Hémon tome1.djvu/85

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SUIÎ LES COMEDIES i.xxi

Aiusi, comme Jlolière, Corueille ue craint pas de parler de lui- même et de ses ouvrages : le Pbilinte du Misanthrope ira cher- cher ses comparaisons dans l'Ecole des maris; l'Alcidon de la Veuve ne croira pouvoir mieux exprimer l'état de son àme qu'en invoquant le souvenir de Mélite : ,

Rien de mes snntiments ne saurait apiirooiicr Comme, alors qu'au théâtre on nous fait voir Mcl'Uf, Le discours de Cloris quand Philandro la quitte '.

De même, longtemps après, la Suite du Menteur sera pleine d'allusions aux personnages et même aux acteurs de la comédie qu'elle continue. Quant au Menteur, malgré le fond d'imitation espagnole, malgré l'invraisemblance de quelques épisodes, assez gauchement transportés sous notre ciel brumeux, on aurait peine à trouver une comédie plus française, plus parisienne, en certains de ses détails : les conversations, toutes françaises, elles aussi, d'esprit et d'allure, s'y tiennent entre le jardin des Tuileries et la Place Royale, entre les constructions nouvelles du Pré aux Clercs et le Palais Cardinal, dont les «. superbes dehors » émerveil- lent tant Géroute.

Ce souci du présent, Corneille le jiortera jusque dans la pein- ture du passé; ces allusions souvent transparentes aux questions ou aux faits qui préoccupent les contemporains, nous les ren- contrerons jusque dans la tragédie : tantôt elles y ajouteront un charme imprévu, tantôt, au contraire, elles y détonneront comme de fausses notes. On ne s'étonnera point, par exemple, de trouver un écho des agitations de la Fronde dans Cinna, Nicomrde, Don Sanche, des discussions sur la grâce dans Pofyeucte, des débuts, si sincèrement admirés par tous, du pouvoir personnel et vic- torieux de Louis XIV, dans Otiion et dans Tite. Peut-être s'étou- nerait-on davantage de voir, dans Attila, le conquérant de la Flandre glorifié sous le noai de Mérovée, et le dauphin travesti en prince mérovingien, comme son père 2. Ce qui, à coup sûr. est inattendu, c'est de découvrir une janséniste en Sabine, la femme d'Horace", en Thésée un zélé défenseur de la grâce suf-

��1. La Veuve, HI, 3. Voir McUU\ III.

2. Attila, II, 5. ■',. Enracr.. \\\. .;.

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