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Le collège Saint-Raymond


À quel moment cet hôpital est-il devenu le collège Saint-Raymond ?

Transportons-nous par la pensée au commencement du treizième siècle ; nous sommes en plein drame, en pleine croisade albigeoise. Une hérésie formidable s’est dressée dans l’Église contre l’Église ; elle menace, non seulement son unité, mais son existence même ; elle sape, jusque dans leurs bases les plus solides et les plus profondes, les assises du mariage, de la famille et de la société.

Pour faire face au danger terrible qu’elle doit affronter, l’Église fait appel à deux moyens très dissemblables : l’Inquisition et l’Université.

Laissez-moi proclamer tout de suite que mes préférences vont au second de ces moyens et au plus évangélique. Par l’Inquisition, l’Église applique le fer rouge de la répression à la plaie purulente de l’hérésie.

Par l’établissement de l’Université, elle endigue et elle contient, dans les bornes de l’inflexible orthodoxie, ces grands courants intellectuels qui emportent et enfièvrent les esprits à cette heure où les trop séduisants échos de la voix d’Abailard retentissent encore et donnent une force singulière aux arguments redoutables de la philosophie rationaliste d’Aristote.

Or, et c’est là que je me hâte d’en venir, ce sont l’Inquisition et l’Université que je rencontre au berceau du collège Saint-Raymond.

Voici les faits : le 14 février 1249, l’évêque d’Agen, inquisiteur de la foi dans le comté de Toulouse, avait acheté une maison en face de l’église abbatiale de Saint-Sernin et son confrère, le célèbre inquisiteur Raymond de Caux, en avait fait une prison où étaient enfermés les hérétiques en attendant leur condamnation.

Pour remercier l’abbé de Saint-Sernin des services qu’il en avait reçus, l’évêque inquisiteur fit donation de cette maison à l’hôpital Saint-Raymond, — écoutez bien, — « in quo scolares pauperes morantur ». Déjà en 1249, l’hôpital donnait asile à de pauvres écoliers.

Situons cette maison ; elle confrontait du Levant avec la rue qui est entre cette maison et la porte de l’église abbatiale ; du Couchant,