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de la littérature mais des sciences et de la philosophie. Nous savons qu’en 438, visitant Antioche et reçue dans le palais du sénat, elle y prononça une harangue enthousiaste en l’honneur de l’hellénisme. À ce moment son influence sur Théodose, d’abord très considérable, déclinait au profit de son impérieuse belle-sœur mais en 425 son crédit demeurait entier[1] et la prépondérance donnée aux études grecques dans le programme de la nouvelle université doit être son œuvre.

Jusqu’alors il n’y avait point eu d’enseignement d’État au vrai sens de ce mot. Vespasien, le premier, croit-on, avait fondé une chaire officielle de rhétorique. Après lui Adrien, Antonin, Marc Aurèle en avaient institué d’autres. Alexandre Sévère avait créé des écoles et stipulé que les villes auraient à entretenir un certain nombre de boursiers choisis parmi les enfants pauvres jugés aptes à recevoir une instruction complète. Mais en toutes ces institutions, le maître désigné demeurait libre d’enseigner selon ses vues. En 370 Julien avait bien rendu un décret par lequel il se réservait le droit d’agréer les professeurs et de fixer l’enseignement mais le temps lui avait manqué pour en poursuivre l’application. En 425 ce furent à la fois le rôle pédagogique de l’État et son monopole qui se trouvèrent proclamés. En même temps que la loi interdit aux professeurs de donner des leçons en dehors de l’université, elle défendit aux autres d’ouvrir aucune école publique. Ainsi se posèrent à bien des siècles de distance les problèmes devant lesquels devait si longtemps hésiter la pédagogie moderne.

À Théodose et à sa sœur succédèrent Léon ier, puis Zénon, gendre de Léon, puis Anastase, époux de la veuve de Zénon : succession fantaisiste. Pendant cette période (457-517) il y eut des luttes à l’extérieur, des conflits à l’intérieur. Les Bulgares récemment établis sur le Danube étaient déjà des voisins gênants. Dans Byzance les fameuses factions des verts et des bleus à l’existence desquelles les jeux du cirque servaient de prétexte commençaient de se déchirer entre elles.

Lorsqu’Anastase mourut, une intrigue obscure porta au

  1. Après bien des vicissitudes et des malheurs Eudocie se retira à Jérusalem. Elle y vécut dix-huit ans. Un incident romanesque lui avait aliéné injustement le cœur de son époux. Elle laissa entr’autres ouvrages un poème singulier dont on a dit que certains passages malgré leur lourdeur, évoquaient à la fois Dante et Shakespeare.