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le saint empire romain-germanique

grand nombre, désormais asservis et aussi inassimilables quant à la race qu’incapables de revendiquer et de faire triompher leur indépendance politique. Sur certains points seulement, en Bohême, en Pologne, en Serbie…, une sorte de cristallisation s’opérait et des autonomies s’affirmaient qui sauraient tenir bon à travers les siècles et, plus tard, serviraient d’avant-garde protectrice à la masse profonde du slavisme.


LE SAINT EMPIRE ROMAIN GERMANIQUE

Le pouvoir dont Othon le grand avait consolidé et consacré la formule comprenait trois degrés que ses successeurs devaient s’efforcer de gravir. Élus ou reconnus rois d’Allemagne, il leur fallait recevoir à Pavie la couronne royale d’Italie puis ceindre à Rome le diadème impérial. La première investiture ne leur donnait guère que le droit aux deux autres. Or les circonstances ne seraient pas toujours favorables à cette triple et successive prise de possession. Mais une fois opérée, la question principale demeurait à régler. Il ne suffisait pas d’être investi en droit d’autorités distinctes les unes des autres ; il fallait encore savoir comment et d’où les exercer. L’Allemagne et l’Italie n’étaient point gouvernables par les mêmes procédés, se trouvant en ce temps dans des conditions fort différentes l’une de l’autre. L’empire superposé à ces deux royautés devait-il chercher à les contraindre par la force à une coopération obéissante ou s’efforcer de servir entre elles de trait d’union bénévole ? À cela s’ajoutait le dilemme posé par la multiplication des biens ecclésiastiques : ou les richesses matérielles de l’Église se trouveraient soumises à l’empereur qui par là aurait barre sur elle ou, soustraites à son contrôle, elles permettraient au Saint-siège une intrusion incessante dans la politique de l’État. Près de trois siècles durant, les souverains germaniques se débattirent entre les termes de ces insolubles problèmes (972-1250).