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le respect des croyances

sant la genèse et le développement logiques de telles croyances.

Inutile de s’appesantir davantage sur l’illusion de ceux qui, considérant la religion comme une étape du développement mental de l’homme, s’imaginent la voir s’affaisser prochainement au contact de l’électricité ou du radium. Mais l’évolution à laquelle nous venons de faire allusion n’autorise-t-elle pas à penser que le monde est en marche vers un état de choses nouveau : la religion sans Églises ou, à tout le moins, des Églises sans prêtres, sans catéchisme et sans cérémonies ?

De la religion sans Églises, c’est-à-dire sans groupements, on pourrait penser ce que Lavater disait de la morale : « La morale c’est la diète. Celui qui a faim et soif veut un aliment et une boisson. » Cela revient à indiquer que toujours on verra des hommes dont l’espérance est vacillante se rapprocher de ceux dont l’espérance est ferme afin de recevoir d’eux un réconfort. Telle est, parmi plusieurs causes de recrutement des groupes religieux, la plus solide, la plus digne aussi, celle qui assure le prestige et la permanence de ces groupes.