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lui. Enfin, ces vingt minutes épargneront au débutant une moyenne de deux à trois heures de manège. De toutes façons, l’économie réalisée est considérable.

Quant à l’intérêt et au plaisir sportifs, ils sont extrêmes.



À CHEVAL

Quel que soit le degré d’assouplissement spécial auquel un garçon préparé par la gymnastique équestre puisse parvenir, il n’est pas beaucoup plus avancé, cela va sans le dire, que le futur nageur qui a appris les mouvements sur le chevalet. Cette avance, pour être certaine, n’en a quand même que la valeur d’un préambule. Mais quand il s’agit d’un sport coûteux comme l’équitation, le préambule est doublement utile. Venons au sport lui-même. De même qu’en natation la surprise provient de l’impression produite par l’élément liquide et l’inquiétude est causée par la peur d’enfoncer, de même le novice est décontenancé à cheval par les mouvements de l’animal et tenaillé par la crainte de perdre l’équilibre et de tomber.

Pour engendrer l’accoutumance à ces mouvements, on conçoit qu’il faille en assurer la régularité. Or la régularité des allures, le manège la trouble par sa forme même et par ses dimensions beaucoup trop restreintes. Tel qu’il est, le manège est le pire ennemi de l’élève. Le vrai manège serait un champ clos affectant la forme d’un long rectangle terminé par deux hémicycles. Là, le cheval ne prendrait pas les habitudes de trottinage, de cahotement auxquelles, forcément, il est enclin dans le local étroit et renfermé où il sert d’initiateur et l’élève aurait le temps et le moyen de trouver son assiette et d’établir cette « liaison » entre lui et l’animal qui constitue l’alpha et l’oméga du sport équestre.

Le galop en ligne droite ou infléchie : peu de trot, pas d’angles ; telles sont les conditions d’un bon apprentissage de début. Autrement vous êtes à peu près certain que l’élève prendra tout de suite un point d’appui sur les rênes ce qui, non seulement formera un cran d’arrêt dans ses progrès mais deviendra la source première de la plupart des accidents qui lui arriveront par la suite. Combien de cavaliers formés qui « s’appuient » inconsciemment sur les rênes ! Faites-les soudainement trotter et galoper à la longe, les bras croisés : la gêne qu’ils en éprouveront sera intense… Cette leçon à la longe, ce n’est pas