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mémoires olympiques

nage du C. I. O. pour une épreuve de Pentathlon. Notre collègue Allison Armour avait été chargé de nous représenter. Le 18 mars 1915 donc, le drapeau olympique avait flotté sur l’Exposition et, dans la grande cour d’honneur, un speech grandiloquent avait été prononcé par le président de l’Exposition en même temps qu’étaient échangées des médailles.

Peu après, Cuba entra en scène. On s’était accoutumé maintenant à l’idée que la vie Olympiade passât sans être célébrée tout en continuant de compter dans la liste, à la façon antique. Et c’était sur 1920 que se portaient les ambitions. Atlanta, Cleveland, Philadelphie avaient offert mont et merveilles. Le comité qui se constituait à La Havane était moins affirmatif, plus conscient des difficultés, mais en même temps assuré de l’appui des pouvoirs publics, y compris celui du chef de la république, le président Menocal.

Que le projet dût aboutir ou être retiré, il aidait à la conquête du Sud-Amérique, pour laquelle les services de la propagande, auxquels j’étais alors mêlé, me fournissaient un appui précieux. Nous avions eu de ce côté beaucoup de déboires : des membres argentins successifs qui n’avaient été d’aucun secours et là-bas, tantôt une incompréhension totale, tantôt des velléités d’indépendance poussées à l’extrême et fort incommodes. Un moment, les clubs chiliens avaient fait la vie très dure à notre collègue, le professeur Garcia, pourtant élu sur la recommandation de leur gouvernement, et le moins que je puisse dire de la délégation militaire chilienne aux Jeux de Stockholm, est qu’elle avait été peu correcte à l’égard du C. I. O. ; après cela on avait voulu, à Buenos-Ayres, monter une « Olympiade » indépendante.