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mémoires olympiques

fois la candidature de la ville, mais d’une façon parfaitement ordonnée et avec autant de mesure et de tact que d’élégance et d’éclat. Sur le nombre et la qualité des engagements, nous fûmes vite rassurés. Une des inquiétudes exprimées le plus généralement avait porté sur le fait de la disparition brutale de tant d’athlètes et sur l’absence d’entraînement de ceux qui restaient. À cet égard, les « Interallied Games », célébrés à Paris au printemps de 1919, sous l’égide du général Pershing qui fit édifier pour la circonstance, près de Vincennes, un stade auquel son nom devait demeurer attaché, furent extrêmement utiles. Ils avaient été conçus dans le but d’occuper de façon saine et agréable les loisirs forcés des troupes des différentes armées dont, pour raisons multiples, la démobilisation et le renvoi immédiats dans leurs foyers n’étaient pas jugés réalisables et dont d’importants contingents se trouvaient assemblés sur le sol français. Naturellement, on avait cherché dans certains milieux à égarer l’opinion en parlant d’« Olympiade militaire » et en suggérant qu’elle prît la place de l’Olympiade régulière un an d’avance. Toujours la question du numérotage et de l’intervalle quadriennal ! J’ai sous les yeux une lettre de J.-J. Jusserand, me rendant compte de sa démarche (le président Wilson était alors à Paris) et m’assurant que les Américains ne permettraient aucunement qu’on fît en cette circonstance usage des termes : Olympiques ou Olympiade. Les « Jeux interalliés » révélèrent, comme on pouvait du reste s’y attendre, que la valeur musculaire et l’élan sportif n’étaient point en recul.

Les Jeux de la viie Olympiade s’ouvrirent magnifiquement le 14 août 1920, en la présence du roi et de la reine des Belges, qu’accompagnaient