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mémoires olympiques

le duc de Braband, le prince Charles et la princesse Marie-José. Le défilé, la formule d’ouverture, les chœurs, l’envol des pigeons, les salves… tout le prestigieux cérémonial dont on commençait, depuis Stockholm, à saisir la valeur pédagogique, soulignèrent à quel point l’Olympisme se retrouvait intact au lendemain de la tourmente et combien ses lauriers continuaient de primer dans l’esprit de la jeunesse toutes autres ambitions sportives. Le soir, le roi et la reine donnèrent, au palais, un dîner en l’honneur exclusif du Comité International Olympique ; suivit une très nombreuse réception, à l’issue de laquelle les souverains repartirent pour Bruxelles. Le cardinal Mercier, qui y assistait, avait présidé le matin, à la cathédrale, un service religieux, conçu, celui-là, selon une formule différente de celle de 1912. Sur ce point, je n’ai pas eu encore l’occasion de m’expliquer. En faisant précéder au stade même, comme à Stockholm, le commencement des concours par un culte public, nous forcions à y participer des athlètes, déjà des hommes faits, auxquels cela pouvait déplaire. En les conviant, en dehors des Jeux, à une cérémonie dans une église, nous ne faisions qu’associer la religion, comme toutes les autres grandes forces morales humaines, à la célébration des Jeux Olympiques. Encore fallait-il que la cérémonie fût suffisamment neutre de forme pour s’élever au-dessus de toutes les confessions. Pas de messe, pas d’intervention sacerdotale à l’autel : le De Profundis, hymne du souvenir en mémoire des disparus des quatre années précédentes, et le Te Deum, hymne du succès et de l’espérance ; hymnes laïques, pourrait-on dire, et prêtant à de belles interprétations musicales. À quoi pouvait s’ajouter une allocution, pourvu qu’elle fût libéralement