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mémoires olympiques

piques. Aux participants, en effet, nous devons chercher à donner ce qu’ils ne peuvent trouver ailleurs. Ils sont entrés en contact à Athènes avec l’antiquité la plus pure. Paris doit leur présenter la vieille France avec ses traditions et ses cadres raffinés. La foule aura les concours et les fêtes de l’Exposition et nous ferons, nous, des Jeux pour l’élite : élite de concurrents, peu nombreux, mais comprenant les meilleurs champions du monde ; élite de spectateurs, gens du monde, diplomates, professeurs, généraux, membres de l’Institut. Pour ceux-là, quoi de plus ravissant, de plus délicat qu’une garden-party à Dampierre, une fête de nuit dans la rue de Varennes, des excursions à Esclimont ou à Bonnelles ?

Là, du reste, ne se bornaient pas nos ressources. Il fallait un commissaire général qui fût la cheville ouvrière de l’affaire. J’avais obtenu de Robert Fournier-Sarlovèze qu’il acceptât ce poste, escomptant son énergie et son intelligence souple et pratique. Avec lui venaient la Société de sport de Compiègne, ses beaux terrains, sa pléiade de membres aimables et zélés. Les sports athlétiques, courses à pied et concours seraient confiés au Racing Club en hommage de gratitude pour l’appui donné par ce cercle lors de l’éclosion des sports scolaires. Pour la même raison, le football appartenait de droit au Stade Français. Ainsi, les deux clubs fondateurs de l’U. S. F. S. A. seraient à l’honneur, après avoir été à la peine. La Société d’Encouragement à l’Escrime promettait son appui ; d’autres encore offraient le leur…

Pour bien saisir comment un tel plan n’avait rien d’irréalisable, il faut que le lecteur fasse un effort d’imagination et se représente l’état des choses il y a trente ans. En ce temps-là rien