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mémoires olympiques

s’étaient, je crois bien, jamais trouvés réunis pour une œuvre commune, quand je les assemblai lors de la fondation du Comité pour la propagation des sports scolaires ; un an plus tard, la Commission d’organisation des concours du Congrès de 1889, dont j’avais dressé la liste, les mit en présence officiellement, au ministère de l’Instruction publique, cette fois. Ils se regardèrent avec une surprise méfiante assez amusante. Mais en tout ceci, il ne s’était agi que des potaches. Nous ne touchions alors qu’à des milieux pédagogiques. Bien différente était la situation avec les Jeux Olympiques. Il faudrait maintenant manœuvrer des adultes…

L’hiver de 1892-93 se passa sans que l’idée eût le moins du monde « rebondi » dans l’opinion. Quand il y était fait allusion, je voyais toujours transparaître la notion de représentation hippodromesque. La grande plaisanterie des gens « cultivés » était de s’enquérir si les femmes seraient admises parmi les spectateurs aux nouveaux Jeux et si, comme à certaines périodes de l’antiquité, la nudité générale serait imposée pour mieux défendre l’accès de l’enceinte au sexe faible.

Mon dessein, avant la séance de novembre 1892, avait été basé sur l’idée que le retentissement du projet serait assez grand pour assurer le succès d’un congrès international, auquel j’entrevoyais naïvement que les gouvernements et les universités participeraient par l’envoi de délégués officiels. À présent, il fallait déchanter. Comment faire ? Très vite, je me décidai à maintenir le projet de Congrès, mais en le truquant. Il traînait dans les cartons de l’U.S.F.S.A. (car à peine née, elle avait déjà des cartons comme toute bonne création moderne) un projet de Congrès international pour régler la question de