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notes sur l’éducation publique

tiples complications que l’Allemagne se dessine. Il faut chercher autre part les traces du patient labeur germanique. On ne peut isoler l’Allemagne des institutions qui l’ont régie, de sa Diète, de ses Électeurs, de ses villes libres, de la Réforme qui l’a si profondément remuée, des sécularisations qui ont exercé sur ses destins une action prépondérante, des héritages Espagnol, Italien, puis, plus tard, Tchèque et Hongrois qui, en arrachant sans cesse l’Autriche à sa mission impériale, devaient forcément créer une Prusse pour la remplir ; on ne peut surtout l’isoler des grands penseurs qui l’ont cherchée, creusée, rassemblée, conduite à travers plusieurs siècles, au milieu de divisions perpétuelles, d’obscurités presque impénétrables, de catastrophes décourageantes. Si la poésie, l’art, la philosophie, la science germaniques offrent au critique un vaste terrain d’investigation, semé de points de vue variés, les traits généraux en sont assez nets et assez caractéristiques pour que l’éducateur n’éprouve aucune peine à les fixer ; et tant qu’il ne l’aura pas fait, l’Allemagne demeurera pour l’élève ce qu’elle serait en réalité, si son génie n’existait point — une terre d’histoire indistincte et de géographie imprécise.