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l’enseignement spécial

car c’est là un point de vue qu’il n’est pas permis de négliger.

Mais qu’entendons-nous, d’abord, par ces mots : outillé pour l’existence ? — on en fait, dans toutes les langues, un si étrange abus, ils servent si volontiers de thème aux déclamations des conférenciers et aux chroniques des journalistes, ils paraissent abriter tant d’aigres ressentiments et de chimériques espoirs qu’il est indispensable d’en définir le sens. Or ce sens est double. Ils peuvent signifier, d’une part, que l’homme doit être préparé aux luttes et aux labeurs de la vie et d’autre part, qu’il doit être muni d’un outil spécial lui permettant de subvenir à ses besoins et de s’élever aussi haut qu’il pourra. Le terme « outil » n’a pas pour but d’évoquer ici l’image du travail manuel ; nous nous occupons de l’enseignement secondaire seul : outil est pris dans le sens de carrière, de spécialité. Eh bien, des deux jeunes gens que nous plaçons, par l’imagination, en face de cette double obligation, je dis que le premier sera plus favorisé que le second non seulement parce que sa préparation générale sera meilleure, mais parce qu’il pourra mieux choisir son outil, au milieu de tous ceux qui seront posés devant lui.