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notes sur l’éducation publique

se livrer sans courir le moindre risque et sans même éprouver la notion d’un risque possible.

Il est certain qu’ils impliquent du courage et du sang-froid, mais un courage et un sang-froid circonstanciels. La chose, à y réfléchir, ne peut surprendre, car n’est-ce pas le cas de beaucoup de métiers manuels ? Le couvreur parisien déploie dans l’exercice de sa profession un sang-froid remarquable et, pour porter ses lourds fardeaux, il faut à un coltineur beaucoup de courage. Est-ce à dire que ces qualités continueront de se manifester chez eux, après que le premier sera descendu de son toit et que le second aura déposé son sac ? Il est impossible de le prétendre. La vie est remplie d’exemples analogues. Nous acquérons, avec une facilité relative, les qualités qui nous sont nécessaires pour accomplir un acte donné. L’obligation ou la fantaisie les font naître et l’habitude les fixe en nous ; mais elles y demeurent en quelque sorte localisées ou plutôt spécialisées. Elles se manifestent dans des circonstances données, pour un but donné — toujours les mêmes. Le difficile est de les étendre à toutes les circonstances, à tous les buts. Pour cela il faut substituer la volonté à l’habitude.