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l’éducation physique au xxe siècle

à abattre l’athlétisme aristocratique du moyen âge a cessé d’être dangereux, il n’en est pas de même de l’argent, par lequel fut avili l’athlétisme démocratique de l’ancienne Grèce : sa beauté morale sombra lorsque le professionnalisme l’eut envahi et la société moderne est trop inféodée à la richesse, pour que pareil destin ne soit pas à craindre pour les sports renaissants. Les gouvernements ont accru le péril en encourageant, au delà de toutes bornes raisonnables, les courses de chevaux et en laissant se développer ainsi le chancre du pari. Or les paris s’établissent sur des coureurs, des bicyclettes ou des bateaux aussi bien que sur des chevaux et de quel droit pourrait-on maintenant les supprimer ?… C’est aux sportifs à lutter les premiers, parce qu’ils sont les mieux placés pour la résistance ; c’est à eux de travailler à maintenir dans sa belle intégrité, cette chose très nécessaire, pour laquelle on a forgé un mot à la fois suggestif et précis : l’amateurisme.

Ainsi donc, la première jeunesse confiée aux soins de la gymnastique scientifique, de qui relèveraient également les organes délicats et