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notes sur l’éducation publique

disposé que l’homme et la femme seraient indifférents l’un à l’autre, et si la société a le droit de chercher à contenir leur action réciproque dans les bornes qu’imposent la raison et les convenances, elle n’a pas pour devoir de travailler à détruire cette action : tâche à laquelle il est probable, du reste, qu’elle s’emploierait en vain.

En résumé, la coéducation qui est très naturelle à l’école primaire et semble faite pour y vivifier et y fortifier l’enseignement, est réalisable dans l’université, mais c’est au détriment de l’enseignement supérieur qu’elle rendra terne et timide. Est-il besoin d’ajouter qu’au collège — même dans un externat — elle constituerait la plus folle des imprudences ? Cela ne veut pas dire du reste que nous ne verrons pas s’ouvrir quelques nouveaux « Cempuis » dont on nous décrira avec complaisance les mérites et les succès, en attendant qu’on doive en enregistrer la faillite. Tout ce domaine de l’éducation féminine est comme bouleversé, en ce moment, par l’idée dominante, quoique souvent inavouée, du féminisme : la lutte contre l’homme.