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sieurs augmentations du « coefficient de capacité » dans le cours de la vie adulte m’amena à préconiser la création de « sanatoriums pour bien portants[1] »… La gymnastique utilitaire est une mine inépuisable d’études intéressantes par tous les horizons nouveaux qu’elle ouvre au point de vue psycho-physiologique aussi bien qu’au point de vue technique. Ce vaste territoire dont je n’ai même pas encore achevé de reconnaître les limites sera exploité d’une façon féconde dans l’avenir.

En attendant le « rétablissement du gymnase antique » et l’adoption et le perfectionnement de mes méthodes simplifiées, un premier résultat fut très vite acquis par l’institution du « Diplôme des Débrouillards » et l’organisation des pittoresques épreuves auxquelles donna lieu ce nouveau baccalauréat. C’est bien un diplôme de bachelier puisqu’il porte la signature du recteur de l’Université de Paris, M. Liard, en qualité de président d’honneur de la Société des sports populaires dont je parlerai tout à l’heure[2]. M. Liard, tout de suite, s’intéressa vivement à ma gymnastique utilitaire ; le nom seul lui déplaisait au début mais quel autre titre employer qui fût l’équivalent de celui-là ? Il s’y résigna. Dès lors la Sorbonne devint notre siège social ; M. Liard trouvait le moyen, si surchargé qu’il fût, d’assister à nos réunions et lui-même présida le 30 juin 1907, dans le grand amphithéâtre, à la remise de plus d’un millier de diplômes représentant la fournée de cette année-là. Des épreuves avaient eu lieu à Lorient, à Tourcoing, à Orléans, à Paris. On sait qu’elles sont au nombre de douze sur lesquelles chaque candidat doit en affronter au moins huit, quelques-unes (natation, course, tir…) étant obligatoires et les autres (équitation, aviron, escrime, bicyclette…) facultatives. Les points se cotent de 1 à 20 pour chaque épreuve, le maximum total étant donc de 240. L’obtention d’un seul zéro élimine le candidat. Voici l’énoncé des deux épreuves ; il suffit à caractériser l’esprit de l’ensemble :

Équitation. — Le candidat prendra le cheval nu à l’écurie, le sellera, le bridera, l’amènera au manège, le montera et le fera obéir aux trois allures.

Bicyclette. — La bicyclette sera remise au candidat sans guidon et une roue démontée ; il devra replacer le guidon, remonter la roue, gonfler le pneu, enfourcher la machine par la pédale, tourner court à droite et à gauche, freiner avec le pied et conduire à la main une seconde bicyclette à côté de la sienne.

  1. Voir la Revue Olympique d’avril 1907.
  2. Le diplôme, œuvre du dessinateur bien connu André Slom est un don de mon ami M. E. Bapst, ministre de France en Chine.