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Versailles se présentèrent. Ils avaient été répartis en deux catégories : juniors (de 10 à 15 ans) et seniors (au-dessus de 15 ans). L’épreuve consistait en une reprise de manège avec et sans étriers de la durée d’une demi-heure. Une seconde épreuve réservée aux trente classés premiers dans la première épreuve comprenait le saut d’un obstacle ; des prix spéciaux étaient attribués à la voltige.

Le dimanche 9 juin, le lundi 10 et le mardi 11 (fêtes de la Pentecôte), furent consacrés à l’escrime. D’abord, par les soins de la Société d’Encouragement, les élèves des lycées et collèges de Paris se rencontrèrent dans la salle des fêtes du Grand-Hôtel ; brillante matinée présidée par M. Jules Simon. Puis à la caserne Bellechasse, grâce à M. Féry d’Esclands qui s’était chargé de cette seconde journée, les élèves des lycées provinciaux (Lille, Poitiers, Bayonne, Belfort, Médéah, Orléans, etc.), ferraillèrent sous le regard présidentiel du prince Bibesco et entrainés par les musiciens roumains de l’Exposition. Enfin, le dernier jour, les vainqueurs de la veille et de l’avant-veille, se disputèrent le laurier final au ministère de l’instruction publique. Qui fit les honneurs de cette fête-là ?… le ministre d’alors, lequel s’appelait tout simplement Armand Fallières : fête d’ailleurs supérieurement dirigée par l’Académie d’armes et terminée par un lunch copieux servi dans le jardin.

Le matin du 10 juin, une réunion de sports athlétiques avait attiré au Racing-Club trois cent soixante-quinze lycéens et collégiens ; il fallut tout le sang-froid et le savoir faire de M. de Saint-Clair pour se tirer d’un pareil embarras, le programme ne comportant pas moins de quinze numéros. Le lendemain, à l’heure où se terminaient les épreuves d’escrime chez M. Fallières, un rallye interscolaire auquel participaient les élèves de l’école Alsacienne, de l’école Monge, des lycées Charlemagne et Janson, était couru dans les bois de Ville-d’Avray. Enfin, le vendredi 14, avait lieu au Nouveau-Cirque une séance de gymnastique suédoise. Le comte de Löwenhaupt, ministre de Suède l’avait imposée à M. Gréard, lequel me l’avait imposée. J’avais d’abord poussé les hauts cris à cause du budget que quelques saignées faites à ma propre bourse laissaient encore assez maigrichon. Mais, la Légation de Suède ayant pris à sa charge la location de la salle, il ne nous restait à payer que l’impression des cartes. J’ai là un petit billet de Jules Simon : « La dépense montera à 35 francs que vous aurez à fournir à M. Gréard ». Va pour les 35 francs. Le plus drôle, c’est qu’ayant mis tout cela en train, le comte Löwenhaupt ne vint pas.