Page:Coullet et Juglar - Extraits des enquêtes parlementaires anglaises sur les questions de banque, 1.djvu/40

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Angleterre était de plus de 25% au-dessous de la valeur étalon ; de sorte que si la monnaie de Hollande avait toute sa valeur étalon, le change réel était en faveur de l’Angleterre. Il peut arriver de même que les deux parts de l’évaluation soient à la fois contraires et égales et s’équilibrent, le change réel en faveur du pays par le commerce étant égal au change nominal quoique à son détriment par suite de l’état de sa monnaie dans ce cas, le change évalué sera au pair, tandis que le change réel se trouvera, en fait, favorable à ce pays.

En outre, les monnaies de deux pays qui commercent ensemble peuvent avoir subi une altération, et cela, soit au même degré, soit à des degrés inégaux : dans ce cas, la question de l’état réel du change entre eux devient un peu plus compliquée. Sans sortir des bornes de la présente Enquête, cette question peut être éclaircie par l’état actuel du change entre Londres et le Portugal, tel qu’il figure dans les Tables pour le 18 mai dernier. Le change de Londres sur Lisbonne y est fixé à 67,5 ; 67,5 d. pour 1,000 reis est l’ancien pair de change établi entre les deux pays, et 67,5 est conséquemment encore appelé le pair. Mais d’après la déposition de M. Lyne, tous les payements, en Portugal, se font maintenant, en vertu de la loi, moitié en espèces, moitié en papier du gouvernement ; et ce papier, à l’escompte, subit une dépréciation de 27%. C’est pourquoi, sur tous les payements faits en Portugal, il y a un escompte ou une perte de 13,5%, et le change à 67,5, quoique au pair nominalement, est en réalité de 13,5% au détriment de notre pays. Si le change était réellement au pair, il serait coté à 56.65/100, ou évidemment 13,5% en faveur de Londres, si on le compare à l’ancien taux fixé avant la dépréciation du médium de payements en Portugal.

Votre Commission pourra peut-être, dans ce qu’elle a encore à dire, déterminer si cette différence de 13 1/2% actuellement au détriment de notre pays dans le taux du change sur Lisbonne, est réellement une différence de change occasionnée par le cours des opérations commerciales et par les remises faites au Portugal pour le compte du gouvernement, ou bien si c’est un change nominal et apparent, résultat de l’état de notre monnaie, ou bien enfin s’il est en partie réel et en partie nominal.

Votre Commission a reconnu qu’on a longtemps considéré comme un principe que la différence de change résultant de l’état du commerce et des payements entre deux pays est limitée à la dépense du transport et de l’assurance des métaux précieux d’un pays à l’autre,