Page:Coullet et Juglar - Extraits des enquêtes parlementaires anglaises sur les questions de banque, 1.djvu/55

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procurer, que la balance du commerce était alors favorable à l’Irlande. Cependant on prétendait encore que ce n’était pas là une dépréciation du papier irlandais, qu’il y avait rareté et par conséquent cherté de l’or, et que la diminution du papier irlandais ne modifierait pas le change. » La dépréciation du papier de Banque en Irlande (disait un des témoins, directeur de la Banque d’Irlande) est un mot d’une signification tout-à-fait relative ; pour l’homme qui achète et vend à Dublin à l’aide de cette monnaie pour lui cette monnaie n’est pas dépréciée du tout ; mais pour l’acheteur d’une traite sur Londres, il y a, dans ce cas particulier, une dépréciation de 10%. » En laissant aussi de côté toute comparaison pouvant servir à décider la question, entre la valeur de leur propre papier et celle soit du médium de circulation employé alors dans notre pays, soit de l’or en lingots, ou même de l’or monnayé qui passait alors avec prime dans les autres parties de l’Irlande, ils paraissent avoir gardé la conviction que le papier irlandais n’avait subi aucune dépréciation.

Il faut faire remarquer, en outre, que la valeur d’une quantité considérable de dollars mis en circulation à cette époque par la Banque d’Irlande, fut élevée à 5 shillings par dollar, dans le but avoué de rendre la nouvelle monnaie d’argent conforme à l’état du change alors existant ; c’est là une circonstance que la Commission a marquée dans son rapport et qui sert à montrer que la circulation fiduciaire de l’Irlande ne pouvait soutenir la comparaison avec le prix type de l’argent, pas plus qu’avec celui de l’or en lingots, de l’or monnayé ou de la circulation fiduciaire de notre royaume à cette époque.

Dans la déposition de M. Colville, directeur de la Banque d’Irlande, un fait a été mentionné devant cette commission fait qui, bien qu’il n’ait pas apporté la conviction dans l’esprit de la Commission au sujet de la tendance de la limitation du papier à abaisser le taux du change, semble néanmoins décisif sur ce point. M. Colville a exposé qu’en 1753 et 1754, le change de Dublin se trouvant très-défavorable, et les billets de la Banque de Dublin ayant été soudainement retirés, le change devint extraordinairement favorable. Une grande détresse se produisit alors dans le commerce par suite de cette mesure subite ; car elle fut exécutée, non pas avec les ménagements graduels et prudents qu’emploient les autres Banques mais bien sous l’influence de cette pression violente à laquelle l’avaient soumise ses émissions inconsidérées. Le résultat général, cependant, n’est pas moins remarquable.