Page:Courier Longus 1825.djvu/26

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goûté de quelque poison avant que de me baiser ? Mais comment n’en est-elle point morte ? Oh ! comme les arondelles chantent, et ma flûte ne dit mot ! Comme les chevreaux sautent, et je suis assis ! Comme toutes fleurs sont en vigueur, et je n’en fais point de bouquets ni de chapelets ! La violette et le muguet florissent, Daphnis se fane. Dorcon à la fin paroîtra plus beau que moi. » Voilà comment se passionnoit le pauvre Daphnis, et les paroles qu’il disoit, comme celui qui lors premier expérimentoit les étincelles d’amour.

Mais Dorcon, ce gars, ce bouvier amoureux aussi de Chloé, prenant le moment que Dryas plantoit un arbre pour soutenir quelque vigne, comme il le connoissoit déja, d’alors que lui Dryas gardoit les bêtes aux champs, le vient trouver avec de beaux fromages gras, et d’abord il lui donna ses fromages ; puis commençant à entrer en propos par leur ancienne connoissance, fit