Page:Courier Longus 1825.djvu/294

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son ouvrage qu’il vendoit lui-même, et où il pensoit avoir épuisé tout ce qu’on pouvoit dire du divin manuscrit, arrive par hasard quelqu’un qui, tout au premier coup d’œil, voit et désigne au public la seule chose qui fût vraiment intéressante dans ce manuscrit, et la seule aussi que le sieur Furia n’y eût pas aperçue.

On écrit aujourd’hui assez ordinairement sur les choses qu’on entend le moins. Il n’y a si petit écolier qui ne s’érige en docteur. À voir ce qui s’imprime tous les jours, on diroit que chacun se croit obligé de faire preuve d’ignorance. Mais des preuves de cette force ne sont pas communes, et le seigneur Bandini lui-même, maître et prédécesseur du seigneur Furia, fameux par des bévues de ce genre, n’a rien fait qui approche de cela.

Nous avons des relations de voyages dont les auteurs sont soupçonnés de n’être jamais sortis de leur cabinet ; et, dans un autre genre,

Combien de gens ont fait des récits de batailles
Dont ils s’étoient tenus loin ?