Page:Courier Longus 1825.djvu/37

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pouvoit jamais taire, quoiqu’il la tint dans la main. Chloé fut bien aise de la voir, et l’ayant baisée, la remit chantant toujours dans son sein.

Une autre fois ils entendirent du bois prochain un ramier, au roucoulement duquel Chloé ayant pris plaisir, demanda à Daphnis que c’étoit qu’il disoit, et Daphnis lui fit le conte qu’on en fait communément. « Ma mie, dit-il, au temps passé y avoit une fille belle et jolie, en fleur d’âge comme toi. Elle gardoit les vaches et chantoit plaisamment ; et, tant ses vaches aimoient son chant ! elle les gouvernoit de la voix seulement ; jamais ne donnoit coup de houlette ni piqûre d’aiguillon ; mais assise à l’ombre de quelque beau pin, la tête couronnée de feuillage, elle chantoit Pan et Pitys ; dont ses vaches étoient si aises qu’elles ne s’éloignoient point d’elle. Or y avoit-il non guère loin de là un jeune garçon qui gardoit les bœufs, beau lui-même, chantant bien aussi, lequel étri-