Page:Courier Longus 1825.djvu/4

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hallier fort épais de ronces et d’épines, tout couvert par-dessus de lierre, et au-dessous, la terre feutrée d’herbe menue et délicate, sur laquelle étoit le petit enfant gisant. Là s’en couroit cette chèvre, de sorte que bien souvent on ne savoit ce qu’elle devenoit, et abandonnant son chevreau, se tenoit auprès de l’enfant. Pitié vint à Lamon du chevreau délaissé. Un jour il prend garde par où elle alloit ; sur le chaud du midi, la suivant à la trace, il voit comme elle entroit sous le hallier doucement et passoit ses pattes tout beau par-dessus l’enfant, peur de lui faire mal ; et l’enfant prenoit à belles mains son pis comme si c’eût été mamelle de nourrice. Surpris, ainsi qu’on peut penser, il approche, et trouve que c’étoit un petit garçon, beau, bien fait, et en plus riche maillot que convenir ne sembloit à tel abandon ; car il étoit enveloppé d’un mantelet de pourpre avec une agrafe d’or, près de lui avoit un petit couteau à manche d’ivoire.