Page:Courier Longus 1825.djvu/51

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de la flûte à ce Dieu Pan que voici, grand troupeau de bœufs gouvernois avec la seule musique, et m’en viens vers vous à cette heure, vous déclarer ce que j’ai vu et annoncer ce que j’ai ouï.

« Un jardin est à moi, ouvrage de mes mains, que j’ai planté moi-même, affié, accoutré depuis le temps que pour ma vieillesse, je ne mène plus les bêtes aux champs. Toujours y a dans ce jardin tout ce qu’on y sauroit souhaiter selon la saison ; au printemps des roses, des lis, des violettes simples et doubles ; en été du pavot, des poires, des pommes de plusieurs espèces ; maintenant qu’il est automne, du raisin, des figues, des grenades, des myrtes verts ; et y viennent chaque matin à grandes volées toutes sortes d’oiseaux, les uns pour y trouver à repaître, les autres pour y chanter ; car il est couvert d’ombrage, arrosé de trois fontaines, et si épais planté d’arbres, que qui en ôteroit la muraille qui