Page:Courier Longus 1825.djvu/68

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


attaché, et par ainsi l’ont détaché. Vous-mêmes l’avez pu voir emporté en pleine mer. Et ce qu’il y a dedans perdu pour nous, combien pensez-vous qu’il vaille ? Combien d’habits et d’équipages ? Combien de beaux harnois pour nos chiens ! et de l’argent plus qu’il n’en faudroit pour acheter tous ces champs ! En récompense de quoi, nous voulons emmener ce méchant chevrier-ci, lequel entend si mal le métier dont il se mêle, que de hanter avec ses chèvres au long des plages de la mer, comme s’il étoit marinier. »

Voilà ce que dirent les Méthymniens. Daphnis étoit tout moulu des coups qu’il avoit reçus ; mais voyant Chloé présente, il ne s’étonna de rien, et leur répondit franchement : « Je garde bien mes chèvres, et n’y a personne en tout le village qui se soit jamais plaint que pas une d’elles ait rien brouté en son jardin, ni rompu ou gâté un bourgeon dans sa vigne. Mais