Page:Courier Longus 1825.djvu/80

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lui. Bref, y avoit tout tel tumulte comme en un combat de nuit ; et si, n’y avoit point d’ennemis.

Après une nuit si terrible, le jour vint qui les effraya encore davantage. Car ils virent les boucs de Daphnis et ses chèvres, les cornes toutes entortillées de rameaux de lierre avec leurs grappes ; ils entendirent les brebis et béliers de Chloé qui hurloient comme loups ; elle-même on la vit couronnée de branchages de pin. Et en la mer se faisoient aussi choses étranges à conter. Car quand ils pensoient lever les ancres, elles tenoient au fond ; quand ils cuidoient abattre leurs rames pour voguer, elles se rompoient. Les dauphins sautant autour des vaisseaux et les battant de leur queue, en décousoient les jointures. Et entendait-on du haut de la roche le son d’une flûte à sept cannes telle qu’en ont les bergers ; mais ce son n’étoit point plaisant à ouïr, comme seroit le son d’une flûte ordinaire, ains épouvantoit ceux qui l’entendoient