Page:Courier Longus 1825.djvu/91

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Lamon à peine achevoit son conte, et bon Philétas de le louer, disant n’avoir ouï en sa vie chanson si jolie que cette fable, quand Tityre arriva portant la flûte de son père, grande à merveille, composée des plus grosses cannes que l’on trouve, accoutrée de laiton par dessus la cire. On eût dit que c’étoit celle-là même que Pan fit la première. Philétas adonc se leva, et assis sur son lit de feuillage, premièrement il essaya tous les chalumeaux voir si rien empêchoit le vent, et voyant que chaque tuyau rendoit le son convenable, souffla dedans à bon escient. Si sembloit proprement un air de plusieurs flageolets jouants ensemble, tant menoient de bruit ces pipeaux : puis petit à petit diminuant la force du vent, ramena son jeu en un son tout-à-fait doux et plaisant, et leur montrant tout l’artifice de la musique pastorale pour bien mener et faire paître les bêtes aux champs, leur fit voir comment il falloit souffler pour un troupeau de bœufs, quel son est mieux