Page:Courtois - Isocrate, le prêtre Testis unus et l'abbé Thise.djvu/11

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


toit l’autre et pas plus : quant à sa juridiction temporelle, il n’en a, comme vous le savez, que du consentement du souverain ; à moins qu’il ne dise comme Grégoire VII, à qui l’on observoit que son royaume n’étoit pas de ce monde, « s’il s’agit du terrestre, cela m’appartient, donnez-le moi ou je vous damne ».

Au surplus, je ne vois pas qu’il soit plus naturel et plus convenable pour le département des Ardennes d’avoir un évêque à quarante lieues des frontieres, que d’en posséder un dans son sein, comme des enfans possedent leur pere au milieu d’eux ; je ne vois pas non plus qu’il soit bien évangélique de croire à un évêque qui se dit prince temporel, et qui, sous ce rapport, peut prendre les armes, cela me paroît inconciliable avec une religion qui n’aime pas le sang.


Testis unus. Que me direz-vous, Monsieur, de la sacrilege loi qui met dans les mains du peuple la nomination des évêques ?


Isocrate. Que me direz-vous, Monsieur, de l’indécent usage qui confioit aux catins le droit de faire monter au siege épiscopal, un abbé à l’eau rose, un faquin perdu de débauches ?


Testis unus. Que me direz-vous, Monsieur, de l’expropriation du clergé ? je tremble qu’un jour la France se trouve au bord de la banqueroute ; comment subsisterons-nous, puisque le gage de notre subsistance est aliéné ? Nous dirions comme les soldats d’Alexandre, nous avons tout conquis et nous manquons de tout ! cent coups de tonnerre m’épouvanteroient moins que d’entendre dire à un prêtre : J’ai faim !