Page:Courtois - Isocrate, le prêtre Testis unus et l'abbé Thise.djvu/10

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casion d’armer le fanatisme et d’égorger pour vos plaisirs ceux qui n’auroient pas cru au trône pontifical, qui passoit tout simplement pour une chaire avant le onzieme siecle.


Testis unus. Mais, Monsieur, l’on a tout bouleversé, pourquoi l’archevêque de Trêves n’a-t-il plus de juridiction sur une partie de la France ?


Isocrate. On n’a rien bouleversé, on a tout édifié ; comme on a fait quatre-vingt-trois départemens, on a voulu quatre-vingt-trois dioceses, ce qui est conforme à l’esprit d’uniformité que l’évangile recommande, ce qui est essentiel au régime des états ; aussi tout le monde sait que les premiers dioceses de l’église romaine ont suivi les divisions territoriales de l’empire romain ; par-là, on a rétabli l’ordre. Voyez si cette démarcation touche au dogme, si elle blesse la morale ? non sans doute, ce n’est ici qu’un travail d’arpenteur. Pourquoi donc les prêtres se plaignent-ils ? l’église a-t-elle murmuré de ce que Constantin régla l’étendue des évêchés en Orient et en Occident ? n’a-t-elle pas au contraire applaudi à ce régulateur ? ne l’a-t-elle pas béatifié, quoiqu’il ait consulté les astrologues, tué son fils Crispus, sa femme Fausta, et qu’il soit mort hérétique ?

Vous m’objectez la juridiction de l’archevêque de Trêves ; est-ce de la spirituelle ou de la temporelle que vous parlez ? quant à sa juridiction spirituelle, elle s’étend par-tout, n’est fixée nulle part : « Allez et baptisez par toute la terre, a dit Jesus-Christ ». Voilà la mission d’un évêque, c’étoit celle des apôtres, l’une doit être ce qu’é-