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3.


Notes et documents pour mon avocat [1].


PAR CH. BAUDELAIRE


Le livre doit être jugé dans son ensemble, et alors il en ressort une terrible moralité.

Donc, je n’ai pas à me louer de cette singulière indulgence qui n’incrimine que treize morceaux sur cent. Cette indulgence m’est très funeste ; c’est en pensant à ce parfait ensemble de mon livre, que je disais à M. le juge d’instruction :

« Mon unique tort a été de compter sur l’intelligence universelle et de ne pas faire de préface, où j’aurais posé mes principes littéraires et dégagé la question si importante de la morale. » (Voir, à propos de la morale dans les œuvres d’art, les remarquables lettres d’Honoré de Balzac à M. Hippolyte Castille, dans le journal la Semaine).

Le volume est, relativement à l’abaissement général

  1. Ces précieuses pages ont fait partie d’un dossier qui, selon une note autographe de Baudelaire, se composait des pièces suivantes : Lettres. — Notes et documents pour mon avocat. Plan de plaidoierie (peut-être les Petits moyens de défense tels que je les conçois, de Sainte-Beuve). — Pièces incriminées. — Sommaire de mon interrogatoire et ma justification devant le juge d’instruction. (Cette dernière pièce, si importante, a disparu.) Ces Notes et Documents nous ont été très obligeamment communiqués par un bibliophile des plus distingués, M. Parran, ingénieur en chef des mines.