Page:Crépet - Les Poëtes français, t3, 1861.djvu/207

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.



J’ai vu, par un destin bizarre,
Les héros de ce pays-là
Se désespérer en bécarre,
Et rendre l’âme en ut-mi-la.

J’ai vu plus d’un fier militaire
Se croire digne du laurier,
Pour avoir étendu par terre
Des monstres de toile et d’osier.

J’ai vu Mercure, en ses quatre ailes
Ne trouvant pas de sûreté,
Prendre encor de bonnes ficelles
Pour voiturer sa déité.

J’ai vu souvent une Furie
Qui s’humanisait volontiers ;
J’ai vu des faiseurs de magie
Qui n’étaient pas de grands sorciers.

J’ai vu des ombres très-palpables
Se trémousser au bord du Styx ;
J’ai vu l’enfer et tous les diables
À quinze pieds du paradis.

J’ai vu Diane en exercice
Courir le cerf avec ardeur ;
J’ai vu derrière la coulisse
Le gibier courir le chasseur.