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LA POESIE APOLLINIENNE 65

le proclame le plus ancien auteur d'hymnes qu'il y ait eu en Grèce *. Outre ces hymnes d'Olen, les Dé- liens citaient encore d'autres hymnes anciens en l'honneur d'Apollon, par exemple ceux qu'ils attri- buaient à la Sibylle Hérophile antérieure à la guerre de Troie '. Ces faits rapprochés les uns des autres montrent assez combien était forte et vivace parmi les habitants de cette île l'idée qu'une grande poésie religieuse avait pris naissance chez eux, autour du sanctuaire de leur dieu.

Jusqu'à quel point cette prétention délienne étaît- elle justifiée par les faits ? Il est impossible aujour- d'hui de dire exactement comment les choses durent se passer dans des temps aussi reculés. Peut-être d'autres points du monde gréco-oriental, tels que la Crète par exemple, auraient-ils eu tout autant de droit que Délos à réclamer pour eux l'honneur de cette initiative poétique. Mais ce serait là une dis- pute de médiocre importance. Ce qu'on ne peut nier, ce semble, d'après les traditions alléguées, c'est qu'il y ait eu, dès les temps les plus anciens de l'établissement du culte apollinien dans ces pa- rages, une poésie liée à ce culte, qui se recon- naissait elle-même comme soumise originairement à des influences asiatiques. Ces traditions nous per- mettent de croire que la poésie en question était indépendante de celle des Muses, dont nous avons parlé précédemment. Celle-ci se rattachait à la Piérie ; celle-là à la Lycie ; l'une célébrait principa- lement Zeus et les dieux de son cycle, l'autre était consacrée à Apollon. Ce sont sans doute deux mani-

1. Pausan., IX, 27 : A^toc 'ÛX7]v S( xat toù; CfjLvout toÙ( âp^ç^aiorcciouç eicotT^aev "EXXijaiv.

2. Pausan., IX, 12.

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