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PISANDRE 457

Cette préoccupation d'être complet et d'embrasser dans un seul récit tout un cycle d'événements est pour nous le trait caractéristique de l'œuvre perdue de Pisandre. Elle révèle bien en lui un contemporain des poètes dont nous venons de parler, tous plus ou moins dominés par l'esprit historique. Un épisode de la vie d'Héraclès, la prise d'Œchalie, avait suffi autrefois à Créophyle de Samos; mais Pisandre ne choisissait plus, il visait surtout à ne rien laisser perdre. Nous ne savons rien d'assez précis sur VHé- raclée pour la juger littérairement. Toutefois il semble que Pisandre, voulant rajeunir un sujet déjà ancien, avait eu recours à des inventions plus ou moins merveilleuses. Ce fut lui qui, le premier, donna un grand nombre de tôtcs à l'hydre de Lcrne, afin de la rendre plus terrible'; dans une intention analogue sans doute, au lieu de représenter son héros armé de toutes pièces, conformément à la tradition, il le montra triomphant de ses plus redoutables ennemis avec une simple massue'; conception dont le succès durable atteste l'autorité du poète.

Outre Vnéracléej on attribuait à Pisandre, au dire de Suidas, d'autres œuvres qui n'étaient pas de lui. La plus célèbre semble avoir été une sorte de cycle mythologique en vers, intitulé les Théogamies hé- roïques *. C'était une série de récits comprenant toutes les principales légendes de la Grèce : on ne doit pas être surpris qu'un tel ouvrage soit souvent cité par les scoliastes. Virgile, d'après Macrobe, l'aurait suivi de près dans le IP livre de V Enéide * ; cela semble

��1. Pausan., II, 37, 4.

2. Suidas, v. IlEiaavSpo;.

3. Dans l'Hésiode de Didot, Fragmenta Pisandri.

4. Macrobe, Saturn., V, 2.

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