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CHAPITRE IV
LA TRAGÉDIE ET SES LOIS
SOMMAIRE

I. Les sujets tragiques. — II. L’action. Les parties du drame. — m. Progression de l’intérêt. — IV. Les trois unités, — V. Le chœur ; les personnages. Leur nature et leurs rapports.— VI. Lyrisme tragique. Ses origines et ses formes. — VII. Le dialogue et les récits. —VIII. La langue de la tragédie. — IX. Sa valeur morale.


C’est par le choix de ses sujets que la tragédie grecque se distingue tout d’abord. D’une manière générale, elle les emprunte aux récits héroïques et mythiques. Le dithyrambe célébrait Bacchus ; les chants tragiques de Sicyone lui substituaient des héros souffrants, mais toujours des héros. On ne sortait pas de ce monde plus ou moins divin où toute la grande poésie antérieure s’était circonscrite. La tragédie naissante accepta cet héritage, et, en se développant, elle en restreignit l’ étendue plutôt qu’elle ne l’accrut.

Ce qui l’y attacha invinciblement, ce fut ce même esprit religieux qui explique toute son histoire. En s’éloignant des dieux, elle aurait manqué à sa fonction propre. Les légendes héroïques, rattachées à la mythologie, for-