Page:Croiset - Histoire de la littérature grecque, t3.djvu/120

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


108 CHAPIÏHE IV. — LA TRAGÉDIE ET SES LOIS

s'agit là de \ues personnelles qui tiennent aux hommes et aux circonstances, il seraplus à propos de les indiquer | ailleurs. i

��II

L'idée de l'action dramatique ne s^est pas présentée à l'esprit des poètes grecs d'une façon abstraite. Elle leur est apparue d*abord confusément dans le dithyrambe et dans d^au\res compositions lyriques analogues, d'où ils l'ont dégagée peu à peu^Or le propre du lyrisme, c'est de laisser à l'â-qie le temps do s'épancher, c'est de faire même de ces épanchements prolongés son sujet préféré. Ilien n'est plus contraire à sa nature que de se h4t^ i s'il se précipite, il sacrifie ce qui fait sa puissance. Voilà pourquoi l'action, dans la tragédie grecque primitive, ne dut guère^tendre qu'à fournir à la poésie lyrique, dont elle était le ^Uje.n, des occasions favorables. Bien loin de la dominer et de l'entraîner violemment avec elle, elle se mettait à son service et l'attendait patiemment. Une pièce composée d'après ces principes consistait surtout en récits ou en dialogues élémentaires qui provoquaient des chants passionnés ou plaintifs.

Il résulta de là que la tragédie grecque se divisa spon- tanément en parties récitées et parties chantées. Les unes et les autres naissaient d'un même fond ; les premiè- res devaient être le prétexte et l'explication des secondes, tandis que celles-ci à leur tour étaient le développement pathétique des premières. Primitivement, c'était rélémenl lyrique qui était le plus étendu et le plus important. Peu à peu, ce rapport se modifia. A mesure que les habitu- des analytiques de l'esprit et le g;oût, du raisonnement

tatiou : De trat/œdiarum tjrascarum ciwi rvbus publicis conjuncHone, Paris, 1845.

�� �