Page:Croiset - Histoire de la littérature grecque, t3.djvu/124

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


112 CHAPITRE IV. — LA TRAGÉDIE ET SES LOIS

Il s'oppose donc à la parodos ou chant d'entrée, et il dé- signe les principaux chants du chœur dans l'orchestra. Que ces chants soient accompagnés do danses ou non, il reste toujours également juste, ainsi compris. Ce qui ca- ractérise essentiellement les sfasima, c'est qu'ils mar- quent des divisions dans l'action ^ Très souvent, pendant qu'on les chantait, la scène restait vide. Quand il n'en était pas ainsi, l'action demeurait tout au moins en suspens. En principe, un stasimon doit être en relation plus ou moins étroite avec le groupe de scènes qui le précède im- médiatement. Ces scènes ont développé dramatiquement une situation ; les émotions et les idées qu'elles ont fait naître viennent se formuler lyriquement dans le chant qui les clôt et qui les résume. Cette manière de faire est celle d'Eschyle et de Sophocle, malgré des différences indivi- duelles que nous signalerons en leur lieu. Mais, chez ces poètes même, le stasimon, comparé aux scènes qui le précèdent, a presque toujours un caractère plus contem- platif. L'âme s'y détend, alors même qu'elle souffre cruel- lement, et surtout l'imagination y prend l'essor. Il y avait donc, entre les deux éléments du drame, une différence naturelle très sensible. Avec le temps elle s'élargit à tel point que les stasima devinrent étrangers à la pièce où ils étaient contenus. Chez Euripide, cette séparation n'est pas encore faite, mais on la voit en train de se faire. Elle fut complète lorsque Agathon les remplaça par des mor- ceaux de chant ou de musique qu'on appela intermèdes (£[i.ê6X'.;j!.a). Avant cela, les stasima avaient varié d'éten- due et de composition dans le courant du v^ siècle. Gomme

��1. Il est impossible de rien tirer de la définition d'Aristote, Poéti- que, c. 12 : StatniJLOv 8a (léXoç */opoO to avey àvaicaco-Tou xa\ xpo^^atou. Le texte est manifestement altéré, et sans doute par une lacune après -/opoO, de telle sorte que les mots rapprochés ne vont pas ensemble. Westphal (ouvr. cité, p. 05) propose de lire : ffTà<ji[xov Ôè piXoç ^opo^ xb [(/.et' £Treio-6oiov] àvey x. t. X.

�� �