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LES PARTIES DU DRAME 115

s'imposer rigoureusement aux poètes du siècle de Périclès, tendait pourtant à se faire accepter par eux comme le plus convenable. Nous ignorons en quel temps au juste la divi- sion en cinq actes se substitua à la division en épisodes. Horace, dans son Art poétique^ en fait Tobjet d'une pres- cription formelle ^ Il est évident par là que de son temps cette division était à peu près incontestée dans la tragédie romaine. Et, comme celle-ci avait pris modèle sur la tragé- die grecque, on doit croire que les Grecs avaient adopté ce mode de division vers la fin de la période classique. Il est probable qu'il dériva naturellement de l'usage des em- holima. Les stasîma ralentissaient l'action plutôt qu'ils ne l'interrompaient; les embolima au contraire la suspen- daient absolument; c'étaient de véritables entr'actes.Dès qu'ils furent en usage, cette sorte de continuité qui carac- térisait la vieille tragédie grecque disparut. Le drame fut comme coupé en morceaux. Dès lors, la nécessité s'im- posa de donner à chacun de ces morceaux une importance à peu près égale et d'en faire un tout. L'épisode était souple et variable : tantôt simple scène de transition, tan- tôt groupe complexe qui avait en lui-même ses péripé- ties. L'acte au contraire fut arrêté dans ses formes et rigoureusement mesuré dans son étendue^.

Chez les modernes, les actes se divisent en scènes; division qui est marquée uniquement par l'entrée et la sortie des personnages. Une scène est un dialogue entre un certain nombre de personnages. Si l'un d'entre eux s'éloigne ou s'il en survient un nouveau, une scène nou- velle commence. Les Grecs ont eu aussi ce genre de divi-

1. Horace, ad Pisones, 189 :

Neve minor, neu sit quinto productior actu Fabula, quae posci vult et spectata reponi.

2. a Voltaire disait qu'il fallait regarder les cinq actes d'une tra- gédie comme cinq provinces, dont chacune devait avoir sa capitale. » (Racine, éd. Lefebvre, Phèdre, acte III, se. vi, note).

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