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174 CHAPITRE V. — ESCHYLE

la parodos ou encore le stasimoa qui suit le départ de Darius, les scènes saisissantes se multiplient : c'est le premier dialogue d'Atossa et du chœur, c*est l'entrée du messager et son magnifique récit, c'est Tapparition du vieux roi, c'est enBn le xojxjjloç flnal, où les vieillards demandent compte au malheureux Xerxès de tous ceux qu'il a perdus. L'enthousiasme patriotique du poète se fait sentir dans toute la pièce, d'autant plus beau qu'il est tout pénétré de pensées religieuses qui le dépassent. Le groupe tétralogique auquel appartenait cette tra- gédie était ainsi constitué : Phinée, les Perses^ Glaucos de Potnies^ et comme drame satyrique, Prométhée^. On a vainement cherché à établir par conjecture un lien entre ces sujets, manifestement indépendants^.

Les Sept contre Thèbes (oî 'Eicrà £7:t ©r.êaç) ont été mis à la scène en 467^ C'était la troisième partie d'une tétra- logie liée comprenant LaïoSy Œdipe, les Sept, et termi- née par le 5/>A2/i^^. Le poète y montrait l'accomplissement flnal de la malédiction héréditaire pesant sur la race des Labdacides. Un seul fait remplit son drame, la mortdes deux frères, Etéocle et Polynice, armés l'un contre l'autre. Mais ce fait unique, il le fait attendre par un art assez nouveau jusqu'au dernier tiers de la pièce, en mon- trant Etéocle dans Thèbes assiégée, son courage sombre et impatient, son humeur hautaine, sa brusquerie, l'épou- vante des femmes qui forment le chœur, les préparatifs de l'attaque et de la défense, enfin l'exaltation furieuse qui pousse le jeune prince au combat fratricide. Un bref récit nous fait connaître la catastrophe, suivie d'une lamen- tation lyrique. Dans une scène finale, où le crieur public proclame la défense d'ensevelir Polynice, ennemi de son

1. Argument de la pièce.

2. Consulter sur ce point les Prolégomènes de l'édition des Perses de M. Weil (1867).

3. Argument de la pièce.

4. Ihid.

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