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ION ET AGHÉOS 363

le troisième rang. Il mourut peu avant 421, comme on peut le conclure d'une allusion contenue dans la Paix d'Aristophane ^ Les fragments de ses œuvres scéniques sont en somme de peu d'importance. L'auteur du Su- blime, qui avait pu les lire dans leur entier, les met, dans le genre dramatique, sur le même rang que celles de Bac- chylide dans le genre lyrique. Chez Tun et chez l'autre, illoue un talent sûr de lui-même, qui ne tombe jamais au dessous d'un niveau moyen, mais qui en revanche ne s'élève guère au dessus ^ Cette sorte d'élégance impec- cable, ce savoir-faire suppléant au génie sont des carac- tères intéressants qui marquent le moment où un art s'est mis en possession de tous ses moyens et a pris une conscience claire de ses lois.

Il semble que des qualités du même genre aient recom- mandé les tragédies d'Achéos d'Érétrie ^ ; ces qualités étaient réellement celles du temps. Un peu plus jeune que Sophocle^, Achéos représente assez bien tous ces poètes de second rang qui, vers le milieu du v® siècle, durent prendre part aux concours de tragédie. Le style tragique était alors fixé ; des poètes bien doués, mais d'un génie ordinaire, s'en servaient adroitement. Toutes leurs pièces devaient se ressembler : cela était correct, bien écrit et bien construit, estimable et monotone. Aristote nous ap- prend que cette monotonie était une des causes qui faisaient tomber le plus souvent les tragédies ^. On peut soupçonner qu'elle dut commencer à se manifester dès le temps de Sophocle et qu'elle fut pour beaucoup dans les

1. Paix, 835.

2. Longin, Sublime» 33 : 'ASiaTrrwTot xa\ èv tw ^Xaçupoi iiàvTri xexaXXt- Ypacpïipiévot.

3. Alhén. X, p. 451 G : 'A-/atb;... yXaçypbç wv 7ronf)Tr,ç uspl tV aûvÔe- div, La (jyvôsffiç, c'est ici la structure de la phrase.

4. Suidas, 'A^^aioç. Il le fait naître dans la 74« Olympiade (484-481). o. Aristote, Poétiq. c. 24 : Tb y»? ôpioiov xoiyy ttXtipoOv èxirÎTTTetv tioiei

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