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452 CHAPITRE XI. — COMEDIE ANCIENNE

quante années qui vont de 480 à 430 comme la période d organisation féconde qui rendit possibles les chefs- d œuvre d'Aristophane. Mais, dans cette période même, il faudrait distinguer, pour être tout à fait exact, un pre- mier âge, obscur encore et mal délimité, où se fait le principal travail, et un second, où la comédie est déjà en possession de presque toutes ses ressources. L'un est celui de Chionidès, d'Ecpliantidès et des inconnus du même temps, et il s'étend à peu près de 480 à 460 ; l'autre est celui de Magnés, de Gratès et de Gratines, de 460 à 430 environ.

L'exemple décisif vint de Sicile, cela est incontestable *. Mais on peut se demander si, à défaut de cet exemple, le génie altique n'aurait pas trouvé en lui-même l'idée créatrice dont il avait besoin. La tragédie et le drame satyrique étaient alors sortis d'enfance; les œuvres d'Eschyle et de Pratinas donnaient chaque année au pu- blic athénien une plus haute idée de l'art dramatique. Comment les formes plus humbles de cet art, celles qui s'attardaient encore dans les villages, n'auraient-elles pas été attirées par la force secrète de ces grandes œuvres vers l'idéal commun qui s'élevait sans cesse?

Par malheur, il est tout à fait impossible de suivre ces progrès obscurs et spontanés. Aristote lui-même ne le pouvait déjà plus, tant ils avaient laissé peu de traces ^. La comédie ne voulait pas qu'on la prît au sérieux ; on riait de ses bouffonneries, mais nul ne se souciait de noter ce qu'elle gagnait d'année en année ^

L'innovation capitale fut Tadoption déBnitive d'une fiction dramatique. Il est plus que probable que déjà ceux qui jouaient la farce mégarienne avaient des noms de

1. Aristote, Poétique, c. 5 : Tb pisv ovv il ip^r,? êx StxeXiaç iJ^Oev.

2. Aristote, PoétUjue, c. 5 : Ti; li TrpirrwTta aTïéSwxev \ npoXÔYoyç î| TTAriOï) 'jTcoxptTÛv xal 6(ra TotaOta vjyvoYiTat.

3. Ibidem : MI 5è xtopitpôta Sià to (jly) o-TiouSà^eo-Oai i\ àpX^Ç IXaOev.

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