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488 CHAPITRE XI. — COMÉDIE ANCIENNE

toute la partie de la pièce qui précède Tentrée du chœur*. Âristote déclarait ignorer qui avait inventé les prologues comiques-. Cette déclaration même laisse deviner l'impor- tance qu'avait à ses yeux cette partie. G*est par elle en effet qu'à l'origine la comédie avait pu acquérir une cer- taine unité. Lorsqu'elle n'était encore qu'une série d'en- trées bouffonnes plus ou moins indépendantes, ces élé- ments incohérents ne pouvaient être reliés entre eux que par une scène d'introduction, monologue ou dialogue, qui donnait occasion à tout le reste et au besoin l'annonçait d'a- vance. Quand chaque comédie eut un sujet à proprement parler, ce sujet fut exposé dans le prologue. Ce que fut au juste le prologue primitif, quelles modiGcations de forme il subit peu à peu, nous l'ignorons. Chez Aristo- phane, comme nous le verrons plus loin, Tintroduction dramatique a toujours une valeur particulière. C'est là que l'invention capitale se révèle, et très souvent Taction principale s'y décide ou même s'y accomplit. Il n'en était pas autrement à coup sûr chez la plupart do ses con- temporains. Cela tenait à la nature même de la comédie ancienne, obligée en quelque sorte de montrer dès le dé- but une idée dans une situation, pour en faire ensuite la démonstration dramatique. Le prologue indiquait l'idée et en préparait la démonstration. Nous revien- drons plus loin sur ce point.

Au prologue succédaient, comme dans la tragédie, les divers épisodes, séparés les uns des autres par les chants du chœur. Selon la définition aristotélicienne calquée sur celle qui s'appliquait à la tragédie, un épisode

1. Notice citée : Ilpo^oyoç êatt {i6ptov xwfiwSta; to piéxpi ttîç eta65o\)ToO ^opoO.

2. Poétique, C 5 : Ti; ôé Tip«^«jwira àiréStoxev ri TrpoXôyovç... riYv6irjTae. On a quelquefois voulu corriger ce texte, pjirce que l'on comprenait mal rimportîince donnée au prologue. îNIais on fait celui quia invonté les prologues a donné à la comédie primitive ce qui lui manquait, l'u- nité.

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