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498 CHAPITRE XI. — COMÉDIE ANCIENNE

pour toutes sortes de fantaisies. L'avantage était évident pour le poète, qui ainsi pouvait gagner la bienveillance de ses auditeurs par les deux premiers actes avant de venir solliciter leur faveur et dans certains cas plaider sa causée

La seconde partie de la parabase (comprenant Tode, Tépirrhème, Tantode, l'antépirrhème) est en réalité in- dépendante de la première. C'est un morceau adroitement soudé à un autre, avec lequel originairement il n'avait sans doute rien do commun. Ce qui le caractérise, c'est, quant à la forme, le mélange du chant et de la déclama- tion plus ou moins modulée, et, quant au fond, l'alter- nance d'une invocation religieuse et de réflexions sati- riques. Par ce double caractère, il rappelle les chants phalliques, tels que nous les avons décrits plus haut. On est donc en droit d'y voir un des éléments les plus anciens de la comédie. Ce qui confirme d'ailleurs cette conjecture, c'est Temploi relativement fréquent qui en est fait dans la comédie, au temps de sa pleine floraison. Le discours anapestique ne figure jamais qu'une seule fois dans une même pièce ; au contraire, la partie épir- rhématique revient deux fois dans les six plus anciennes pièces d'Aristophane. 11 y a plus. On trouve, dans d'au- tres parties de la pièce, notamment dans certaines scè- nes de dispute, une construction générale qui ressemble

1. M. Zîelinski (ouv. cité, p. 185} suppose que la parabase en son entier était primitivement un épilogue : la comédie, selon lai, se ter- minait là, et ce fait expliquerait pourquoi les choreutes quittaient alors leur costume. Cela n'est pas impossible assurément. Toutefois le caractère ordinaire des anapestes me parait convenir mieux à un prologue qu'à un épilogue, et surtout il me semble que le départ du chœur ainsi dépouillé aurait eu un aspect assez piteux. Je suis bien plus porté à croire que la comédie primitive se terminait par un joyeux exodos. Le fait de quitter les costumes n'était sans doute qu'une manière ingénieuse de dire au public : Ici, nous cessons pour un instant déjouer la comédie et nous parlons comme des citoyens à des citoyens.

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