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SA VIE ET SON ŒUVRE 521

et l'esprit public n'avait plus le même ressort qu'autre- fois. Nous reviendrons plus loin sur les transformations que subit alors la comédie. La principale résulta du man- que de chorèges; on n'était plus assez riche pour subve- nir aux dépenses des représentations : le chœur fut réduit à peu de chose, la parabase fut supprimée. Le poète qui avait en quelque sorte incarné en lui-même l'ancienne comédie avec sa fantaisie exubérante, son lyrisme, ses hardiesses de toute sorte, dut s'accommoder, dans la se- conde partie de sa vie, à ce régime nouveau. Il le fit avec une souplesse d'esprit remarquable, sans produire tou- tefois des chefs-d'œuvre comparables à ceux de sa jeu- nesse. Plus de politique à proprement parler. En 392, il donna V Assemblée des Femmes^ satire des théories com- munistes qui se discutaient alors dans les écoles des phi- losophes ; en 388, il remit à la scène son Pioutos'^^ sous la forme où nous le possédons: il y agitait la question so- ciale par excellence, celle de la répartition des richesses. Ce fut probablement la dernière comédie qu'il donna sous son nom. Il composa encore le Coca/os et VÉolo- sicoti, pièces perdues, mais il les fit représenter comme des œuvres de son fils Araros, auquel il voulait ainsi ga- gner la faveur du public. La première était une comédie d'intrigue, la seconde une parodie. Aristophane suivait désormais le goût du jour et inaugurait une période nou- velle dans l'histoire du genre qu'il avait illustré.

11 mourut peu de temps après. On prétend que Platon composa pour lui cette épilaphe : « Les Grâces, cherchant un temple qui ne dût pas périr, ont choisi l'âme d'Aris- tophane ^ » Quel que soit l'autour de ces vers, il a su dire heureusement ce qu'Athènes devait penser quand

\. Pour la date, voir v. i93 et la scolie, à rapprocher de Diodoro, XIV, 82.

2. Ploutos, Argument.

3. Biographies XI, XII et XV (Didot).

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